Profil d’emploi : ingénieure

Qui es-tu ? Marianne, 32 ans

Quel est ton métier? Ingénieure

Depuis quand occupes-tu cet emploi ?

J’ai commencé par être ingénieure de chantier à la Baie James (2007-2009), puis ensuite je suis devenue l’assistante du gérant de projet (2009-2010). J’ai ensuite été ingénieure-estimateure sur un projet durant 3 mois (2011-2012) et depuis 2012, je suis ingénieure-estimateure dans les bureaux de la compagnie qui sont situés à Brossard.

En langage vulgarisé, tu fais quoi ? 

Actuellement, je travaille à préparer des soumissions. C’est à dire que j’étudie les plans d’un futur projet, qui sont fournis par un client, pour être en mesure de décortiquer les travaux prévus. Je dois trouver des méthodes de travail pour arriver à faire ces travaux dans un délai prévu et un budget le plus réaliste possible. Je dois « construire » le projet dans ma tête.

Lorsque j’étais sur les chantiers, je devais réaliser les travaux concrètement avec l’aide d’équipes de construction. Il y a une belle communication qui doit se faire sur le chantier pour que tout le monde travaille dans le même sens.

Qu’est-ce qui t’as amené où tu es dans ton cheminement de carrière? 

Mes parents ont souvent réalisé des projets de rénovation à la maison et j’ai toujours aimé y participer. Il n’y a personne de ma famille qui soit dans le domaine de la construction par contre. Plus tard, une visite au Salon Choix de carrières de Montréal m’a fait découvrir l’arpentage dans le génie civil et j’ai voulu explorer ce domaine!

Quand tu étais petite, tu voulais faire quoi ?

Fermière ou Vétérinaire

Par quelles études ou formation es-tu passé pour arriver où tu es ? 

J’ai commencé le CÉGEP en sciences pures puisqu’ à ma sortie du secondaire, je n’avais aucune idée du métier que je voulais faire. À la suite de ma visite au Salon Choix de carrières de Montréal, j’ai choisi de me lancer en technique de génie civil au CÉGEP André-Laurendeau (DEC). Cette technique requiert 3 ans d’études. Chaque été, j’ai trouvé un emploi relatif au génie civil et j’ai adoré mon expérience.

Les cours du CÉGEP sont intéressants car ils sont concrets. J’ai eu des cours de dessins techniques, de construction de barrages, des laboratoires de matériaux donc le béton, d’arpentage… Pour l’arpentage, nous sortions à l’extérieur pour manipuler les instruments! Nous prenions de vraies mesures avec lesquelles nous faisions un projet par la suite.

À la fin de ma technique, je suis entrée à l’université ÉTS (École de Technologie Supérieure) en génie de la construction pour les 4 années suivantes. Ce programme est  de type coopératif, c’est-à-dire que des stages en entreprise sont obligatoires, ce qui est vraiment une belle façon d’enrichir ses connaissances et de se faire connaître dans le milieu. C’est d’ailleurs pas le biais des stages que j’ai connu la Baie James et que j’ai eu la piqûre pour les grands chantiers! À la fin de l’université, je voulais tout simplement y retourner! … ce que j’ai fait pendant 4 ans!

Bien sûr, les cours universitaires sont un peu plus théoriques que ceux du CÉGEP mais ils sont aussi intéressants car ils sont présentés d’une façon différente. La matière est plus complexe et donc complète par le fait même. J’ai eu des cours plus généraux comme les mathématiques et l’électricité mais d’autres comme la construction de route, la mécanique des sols, la mécanique des fluides, la gestion de projet…

Trois qualités obligatoires pour faire ce métier ?

  • Rigueur/Organisation
  • Logique
  • Communication

À quoi ressemble ton environnement de travail ?

Sur les chantiers, l’environnement est très stimulant et est en continuelle évolution. L’implication de chacun est primordiale au bon fonctionnement des travaux. Pour ce faire, tous les intervenants doivent être en constante communication car chacune des étapes à réaliser est en lien avec la fin de l’une et le début de l’autre. C’est comme un grand puzzle… si une pièce vient à manquer, il ne sera évidemment pas complet. Quotidiennement, plusieurs personnes de différentes sphères de la construction se côtoient sur le chantier et cet endroit devient le siège de beaux échanges techniques. Chacun peut partager son savoir-faire et donc en faire bénéficier les autres. Sur les grands chantiers comme ceux de la Baie James, la machinerie est très imposante : pelles de grande capacité, camions de plusieurs tonnes, grues magistrales! Les travaux le sont tout autant! Il est très valorisant de travailler sur les chantiers car d’un jour à l’autre, le travail avance et on a vraiment l’impression d’accomplir de grandes choses! C’est parfois aussi très stressant et la peur de ne pas y arriver dans les délais survient parfois. Il faut alors analyser la situation et prendre les moyens pour détourner les problèmes. C’est pour cette raison que le travail d’équipe est très important. Il ne faut jamais oublier qu’un chantier ne s’accomplit pas grâce à l’aide d’une seule personne mais grâce à  toute une équipe.

À la Baie James, comme sur d’autres chantiers éloignés, nous habitons sur un campement. Cafétéria, salle des loisirs, gym, bibliothèque… tout y est! Chacun a une chambre bien à lui mais il faut partager le complexe sanitaire.

Pour ce qui est du travail d’estimateur, il se fait bien sûr dans un environnement de bureau. Le concept de travail en équipe est tout aussi important dans le cadre des soumissions que celuides chantiers. Chacun apporte son expérience mais cette fois sur papier. Toutefois, il arrive que nous devions travailler en solitaire pour certaines parties de la soumission et ensuite nous nous réunions pour fusionner le travail de chacun. Le travail d’une soumission peut s’échelonner sur quelques jours ou jusqu’à plus de 1 mois. À l’approche de la date de remise de la soumission, l’atmosphère devient fébrile! Il faut faire ce qu’on appelle « fermer la soumission » c’est-à-dire revoir tout de A à Z et s’assurer que la planification est bonne. On repasse aussi chaque article du bordereau des prix, comme pour une liste d’épicerie pour les matériaux, pour s’assurer qu’il ne manque rien. La soumission est ensuite envoyée, l’attente des résultats commence et l’équipe d’estimation s’attaque à une autre soumission. Voilà!

Le plus gros turn-off de ton métier ?

Au niveau du chantier, je ne vois pas véritablement de « turn-off »… c’est assez stimulant au contraire.

Aux soumissions, le plus gros « turn-off » est assurément de déployer tous ses efforts et son temps pour avoir le meilleur prix possible en tenant compte de toutes les contraintes du client et souvent ne pas remporter le contrat. Il faut être patient! Il n’est pas rare de faire une dizaine de soumissions avant de décrocher un contrat.

Quels sont les petits bonheurs quotidiens liés à ton métier ?

L’échange d’information, la communication, l’entraide sont des points importants pour moi qui font partie du quotidien. Se sentir une « famille » avec ses collègues est pour moi une facette importante de mon travail.

Si tu avais tous les diplômes du monde et aucune restriction, quel métier ferais-tu et pourquoi?

Bonne question! Je pense que je ferais le même métier mais, puisque je n’aurais aucune restriction, j’aurais du temps pour avoir une écurie et cultiver un champ!

Un souvenir qui te rend fier de ton travail

Mes 4 années passées à la Baie James sur des chantiers vraiment impressionnants/importants et grâce auxquels mon expérience, autant professionnelle que personnelle, a vraiment été enrichie!

Un conseil aux jeunes qui voudraient s’orienter vers ton métier

Le génie civil est très vaste comme domaine. Ce n’est jamais la même chose. Je trouvais cela difficile au début de ne pas maîtriser totalement toutes les matières.  Aujourd’hui encore, il me semble je ne connais pas toutes les facettes du génie civil mais maintenant je comprends que c’est normal. Il suffit de toujours poser des questions dans l’incertitude, de ne jamais rester avec un doute. Il y a des apprentissages à chaque jour et c’est pour ça que ce domaine est « vivant ». L’expérience vient avec les années, il n’y a pas de secret!

EN RAFALE !

  • Univers féminin ou Masculin ? MASCULIN!
  • Bureau ou route ? Les deux!
  • Conciliation travail-vie privée ou workaholic ? Conciliation possible
  • Paperasse ou travail manuel ? Bureau : Paperasse / Chantier : Paperasse 80% + Travail manuel 20%
  • Travail solitaire ou en équipe ? Bureau : Solitaire + Équipe / Chantier : Équipe

 

 

Marianne Lamothe, ing.

EBC Inc

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