Profil d’emploi : Artiste de jeu vidéo

Montréal est connue pour ses studios de jeux vidéos de renommée mondiale. J’étais curieuse de voir comment l’art et la technologie pouvaient se marier pour créer un emploi idéal. Le domaine du jeu vidéo est constamment en expansion, très mobile et de plus en plus accessible. J’ai pu parler avec Ulrick qui m’a expliqué l’envers du décor du métier d’artiste de jeu vidéo.

Bonjour ! Qui es-tu? Ulrick Wery – 30 ans

Quel est ton métier? En ce moment, Lead Artist et Concept Artist (traduction libre : artiste principal et artiste de concept)

Depuis quand occupes-tu cet emploi? Je travaille depuis environ 9 ans, principalement dans le monde du jeu vidéo. J’ai également travaillé 2 ans dans le film d’animation 3D au cinéma.

En gros, tu fais quoi? En ce moment, je dessine! Plus concrètement, je réalise les concepts, c’est à dire les croquis ou illustrations plus ou moins avancées de ce à quoi ressembleront les différents éléments d’un jeu: environnements, personnages, monstres, armes, etc.

Récemment, je ne fais que de la 2D (ex: photoshop), mais avant cela j’ai également fait de la production 3D d’environnements de jeu vidéo. Le plus gros de ma job consistait en du management et de la direction artistique pendant pas mal d’années (gestion de l’équipe artistique, planification des tâches de tout le monde, révision du travail effectué, etc.)

Qu’est-ce qui t’as amené où tu es dans ton cheminement de carrière? J’ai toujours aimé le dessin, mais jusqu’à la fin de mon adolescence, je ne pensais même pas au fait que ça pouvait être un métier! Un ami plus âgé étant dans une école d’infographie, j’ai décidé de m’orienter là-dedans parce que ça me semblait idéal.

J’ai choisi au départ une option orientée vers la publicité et la pré-presse (tout ce qui précède l’impression : mise en page, assemblage, etc.) de laquelle j’ai été diplômé mais je n’aimais pas vraiment ça. Pendant que je faisais mon programme, une option jeu vidéo a ouvert et c’est à partir de ce moment-là que j’ai réellement envisagé le métier. Je réalisais que ça pouvait devenir plus qu’une passion.  J’ai donc décidé de recommencer dans cette option après avoir eu mon diplôme.

Quand tu étais petit, tu voulais faire quoi? Tout petit, à partir du moment ou j’ai eu ma première console, j’aurais aimé  »dessiner des jeux vidéos ».  Par contre, je me suis très rapidement formaté à aimer des « vrais métiers » parce que je n’imaginais pas que de dessiner des jeux c’était une vie.  J’ai hésité entre la géographie, l’archéologie et l’informatique pendant très longtemps.

Par quelles études ou formation es-tu passé pour arriver où tu es? J’ai un diplôme en Techniques Infographique de la Haute École Albert Jacquard (aujourd’hui ESIAJ), à Namur, en Belgique.

À quoi ressemble ton environnement de travail? Selon la compagnie pour laquelle on travaille, l’environnement peut être TRÈS différent :  De chez soi comme travailleur autonome ou consultant, à une énorme usine réaménagée, en passant par le salon de ses potes avec qui on lance une start-up

En ce moment, je travaille pour Gameloft, grosse compagnie à travers le monde, et gros bureaux à Montréal (nous sommes 400 / 500 je crois). Nous venons d’emménager dans nos nouveaux locaux cette année, donc l’environnement est assez classe: grands open spaces, salle de détente, cafétéria, café dans l’enceinte du bâtiment, etc.

Il y a plusieurs productions de jeux en parallèle et nous sommes regroupés géographiquement en fonction du jeu sur lequel on travaille et du corps de métier (artistes, programmeurs, animateurs, etc.)

Mon environnement personnel est plus restreint, c’est comme pour tout le monde: Un gros PC, deux écrans, une tablette graphique et quelques geekeries traînant sur mon bureau !

Trois qualités obligatoires pour faire ce métier?

– Observation: Pour bien dessiner, tout vient souvent de là. Si on observe comment la lumière se comporte sur un objet, on peut la déduire et la redessiner ensuite. Si on observe comment la couleur va réfléchir sur tel objet, si on observe comment les muscles du bras se plient, si on observe comment fonctionne la perspective de tel bâtiment, etc.

– Patience: Il ne suffit pas d’observer, il faut mettre en pratique, encore, encore et encore. Je suis extrêmement loin de très bien dessiner et je pratique depuis des années. Même si certains semblent plus doués que d’autres de manière innée, le dessin n’est pas un don, il s’apprend comme un instrument de musique.

– Humilité: Pour avoir été en charge d’une équipe, ou directeur artistique, l’égo chez les artistes est un réel problème. Des problèmes de caractère auront toujours des conséquences lourdes sur un projet et dans une équipe. Je préfère travailler avec des artistes justes « bons », que des talent incroyables à la renommée mondiale qui se comportent en divas, sabotent le moral de l’équipe, les plannings et la crédibilité des autres.

LA chose que tu changerais de ton métier? Ce n’est pas spécialement dans mon métier a proprement parlé mais plutôt dans le milieu plus large du jeu vidéo:

Aujourd’hui les gros jeux qui sont mis en avant, coûtent souvent des millions pour en rapporter des millions. La plupart des gros titres deviennent donc conçus et calibrés pour un public précis, le plus large possible en général. Lancer un jeu c’est coûteux alors de faire ainsi encoure moins de risques possibles du côté des investisseurs. Le style visuel, le style de jeu, et même le style de paiement de ces jeux ont donc changé dans ce sens et ce n’est pas positif selon moi.

A l’instar du cinéma, les jeux Blockbusters sont rarement de bons jeux, et davantage des produits destinés à nourrir un public le plus large possible. J’aimerais que les plus petits jeux plus originaux et plus artistiques (aussi appelés jeux de niche) aient une meilleure visibilité plutôt que d’avoir un public restreint.
Quels sont les petits bonheurs quotidiens liés à ton métier? Je dessine des monstres et autres trucs geeks liés à toute mon enfance et adolescence à longueur de journée. Je travaille avec des collègues et amis ayant les mêmes passions que moi et je suis payé pour ça! … Je pense que ça répond à la question.

Qu’est-ce que d’occuper ton emploi t’as appris sur toi-même? En tant que chef d’équipe, devoir gérer une multitudes de problèmes (auxquels souvent on ne s’attend pas quand on débute) tels que le caractère des gens, leurs envies, leur attitude au travail, leurs qualités mais aussi leurs faiblesses dans le métier, etc. met en exergue tous les problèmes de comportement ou de compétences qu’on peut avoir soi-même. Je dirais que ça me motive à les corriger.

Si tu avais tous les diplômes du monde et aucune restriction financière, quel métier ferais-tu? Probablement le même, ou quelque chose de très similaire (artiste dans le jeu de société,entre autres, j’en suis passionné) mais en choisissant exclusivement les projets qui me plaisent en freelance ou mieux, en partant ma propre compagnie. Je serais entouré d’un maximum de gens dont je connais déjà les compétences.

Un souvenir qui te rend fier de ton travail? La sortie d’un jeu est toujours gratifiante (je viens de la vivre hier, heureux hasard). Par contre, le meilleur moment de fierté pour moi reste les conventions de mon ancienne compagnie (Ankama) lorsque je présentais notre jeu aux journalistes spécialisés qui semblaient tous très enthousiastes de sa sortie. Ils nous en ont parlé encore longtemps après, c’est plate parce que le jeu a malheureusement été annulé par la suite par les patrons de la compagnie.

Si tu pouvais donner un conseil aux jeunes qui voudraient s’orienter vers ton métier :  Le métier semble de prime abord un milieu cool (et il l’est) mais il est aussi rempli de talents incroyables, ce qui intimide parfois beaucoup de gens. Il faut être persévérant et voir quelqu’un de meilleur que soi comme une motivation et un but à atteindre, et non comme un frein et un découragement.

Il ne faut aussi pas avoir peur de bouger. Je suis belge, j’ai déménagé en France pour le travail, j’ai déménagé ici au Canada pour le travail et je bougerai peut-être encore, je ne sais pas. C’est quelque chose d’assez courant dans le métier si on veut travailler sur le genre de production qu’on aime ou dans la compagnie qu’on veut.

En RAFALE !

• Univers féminin ou Masculin? Masculin
Bureau ou route, extérieur? Bureau
Conciliation travail-vie privée ou workaholic? Les deux sont possibles
Paperasse ou travail manuel? Travail « manuel » (à l’ordinateur)
Travail solitaire ou en équipe? En équipe
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