Profil d’emploi : Orthopédagogue… au Nunavik !

À la fin de la semaine dernière, j’ai fait appel à mes contacts afin de m’assurer de continuer à garnir ce blogue avec plein d’autres métiers passionnants et surprenants ! Plusieurs ont répondu à l’appel, c’est donc une demi-douzaine de nouveaux métiers que vous découvrirez dans les prochains jours / semaines. N’hésitez pas à partager dans vos réseaux 🙂
Aujourd’hui, j’ai choisi de vous présenter Dori,  qui travaille depuis tout récemment  au Nunavik comme orthopédagogue. Bien entendu, sa réalité est bien différente de celle que l’on pourrait retrouver dans une école primaire de la province de Québec ! J’ai pensé que ça serait génial d’entendre son point de vue sur un métier plus que primordial pour cette communauté.
Salut ! Qui es-tu ?  Dorielle Bouchard, 24 ans. Je viens de Québec.
Quel est ton métier et depuis quand fais-tu cela ?  Je suis orthopédagogue au Nunavik, c’est ma première année.
En quoi consiste le métier  ?En gros, une orthopédagogue est la personne qui aide les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage dans les classes régulières. Je prends donc des sous-groupes d’élèves ou je leur donne du temps de manière individuelle pour travailler sur les aspects qui leur crée des difficultés scolaires. Comme je travaille dans le Nord, je le fais en français et en anglais auprès d’enfants qui ont comme langue maternelle l’inuktitut. J’évalue leur besoin et je monte les plans d’intervention avec les intervenantes ressources de l’école afin que toutes les personnes impliquées dans leur cheminement s’entendent sur les objectifs et les moyens utilisés pour y parvenir. Étant donné notre situation géographique, les spécialistes ne sont pas fréquemment à l’école. C’est donc moi qui assure le suivi des dossiers et la transmission d’informations entre ces professionnelles et l’école. J’évalue alors la progression des enfants et m’assure de trouver une façon personnalisée de travailler pour que chaque enfant progresse. Je rédige ensuite un bilan de fin d’année pour faire état de la situation de chaque élève.
Quelles sont les étapes qui t’ont menée ou tu es rendue?  Comme toutes cégépienne mêlée qui se respecte, j’ai eu un parcours scolaire assez diversifié. J’ai donc commencé une technique en réadaptation physique, pour ensuite changer en éducation à l’enfance, pour finalement choisir d’aller à l’université. Ce qui m’a fait réaliser que je voulais aller en adaptation scolaire,  c’est un stage en CPE (centre de la petite enfance). Dans le groupe d’une collègue, il y avait deux enfants présentant des défis particuliers. C’est en travaillant avec eux que j’ai réalisé à quel point je trouvais valorisant de les voir progresser et de participer à cette progression. De voir qu’en analysant les besoins de quelqu’un,  on peut arriver à trouver ce «petit quelque» chose qui lui permettra d’aller plus loin. J’ai donc choisi de me diriger vers l’enseignement en adaptation scolaire.
Que voulais-tu faire quand tu étais petite ? Peux-tu faire des liens avec ton métier aujourd’hui ?
Je voulais être avocate. J’imagine que l’avancement des dossiers d’individus ayant besoin de ressources m’a toujours attiré, mais je voulais travailler avec des jeunes et être plus près des individus que de la paperasse. Le plus drôle c’est que j’ai décidé de ne pas aller en droit, car je n’avais pas un assez bon français écrit et maintenant je suis la personne qui aide les jeunes qui ont, entre autres, des difficultés en français et en mathématique.
Quelle est la formation requise ou obtenue pour occuper ton emploi ? Pour devenir orthopédagogue, il y a plusieurs cheminements académiques possibles. Pour ma part, j’ai fait un baccalauréat en enseignement en adaptation scolaire et sociale à l’UQAM. Avec ce diplôme de premier cycle, il est possible d’être enseignante en adaptation scolaire ou orthopédagogue. Les personnes ayant fait un autre baccalauréat que celui-ci doivent faire la maîtrise en orthopédagogie pour pouvoir occuper ce poste. Les employeurs du Nord se laissent toutefois la liberté d’engager des personnes ayant d’autres qualifications que celles normalement exigées pour les postes vu le manque de personnel disponible pour travailler aussi loin.
Décris-nous ton environnement de travail :   Quand on travaille au Nord, il y a des moments difficiles professionnellement parlant, mais aussi sur le plan personnel. Ce qui est magnifique ici, c’est que même dans les situations problématiques, il y a toujours du beau grâce aux gens de la communauté qui font preuve d’une force magnifique. Mon environnement de travail est rempli d’élèves énergiques qui veulent par-dessus tout apprendre et être valorisés par des projets et intervenantes géniales. En ce qui a trait aux infrastructures, le bureau d’une orthopédagogue est à son image et rempli de ses créations matérielles. L’ambiance est donc créée par l’énergie qu’on y met.
Les qualités obligatoires pour faire ton métier ?  Pour travailler dans la commission scolaire dont je fais partie (celle comprenant les écoles des communautés Inuit) il est obligatoire de parler 2 des 3 langues d’enseignement soit le français, l’anglais ou l’inuktitut. Pour le reste, la créativité, un bon niveau d’adaptabilité et le dynamisme sont de mise pour rendre l’environnement éducatif propice aux apprentissages des enfants.
Une chose dont tu te passerais ? Quand on travaille avec des enfants en difficulté, il y a de fortes de chances que ceux-ci aient des réalités qui nous sont inconnues. Surtout dans les communautés des premières nations, la ligne entre leur histoire qui n’a pas toujours été facile et le présent est assez mince. On est alors parfois confrontés à des situations que les enfants vivent ou ont vécues et on est totalement impuissant.
Quelque chose qui te rend fière ?En général, le fait de voir la progression des jeunes et où ils sont finalement arrivés après une année scolaire de travail et persévérance est une sensation valorisante. Le lien que l’on crée avec eux est fort et amène à beaucoup de fierté même lors des petits succès qui les rendent eux-mêmes très fiers.
Qu’est-ce que la pratique de ton métier t’as appris sur toi ?
Je remarque maintenant à quel point je tiens à continuer d’apprendre et comment le partage de découvertes est important pour moi. J’ai aussi appris à donner du temps et de l’énergie aux bons moments en sachant doser.  Je mentirais de ne pas dire que les enfants peuvent parfois en demander plus que ce que nous pouvons donner.
Si tu pouvais faire n’importe quel métier, sans restriction financière, tu ferais quoi ?
 Je continuerais à enseigner un peu partout comme je le fais présentement. Ça permet de faire découvrir toutes sortes de choses tout en continuant perpétuellement d’apprendre nous aussi. C’est un métier qui existe partout et qui est facile de pratiquer ailleurs dans le monde. Il y a donc tout un monde de possibilité.
Un conseil aux jeunes qui voudraient s’orienter en orthopédagogie ? 
N’aie pas peur d’essayer de trouver des postes partout où tu as envie de travailler.  De voir différentes réalités amène des expériences enrichissantes et ça en vaut la chandelle !  Tu auras toute la stabilité que tu voudras dans une école quand tu seras rendu là. Enseigner, c’est partager, explorer et découvrir tous les jours, alors profites-en!
* crédit photo : La Presse.
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